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A la rencontre de Agnès Minster


gestionnaire humaine des projets télécoms d’HP en Asie
Publié le 06/04/2009, par Stéphanie Chaptal
   
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Directrice opérations et programmes stratégiques Asie-Pacifique chez HP Opencall, Agnès Minster travaille dans le domaine des télécoms et doit développer des projets et de nouvelles offres de services pour répondre aux besoins des opérateurs téléphoniques de cette zone.

En quoi consiste exactement votre fonction ?

HP Opencall développe et commercialise des solutions techniques pour les opérateurs de télécommunications (plate-forme d’envoie de SMS, messages vidéos, etc.), Moi, dans ce secteur, je dois développer l’activité en Asie, en mettant en place l’organisation pour développer les différents projets.

Depuis 10 ans, bien que basée à Grenoble, je fais l’aller-retour entre la France et l’Asie. J’ai d’ailleurs vécue deux fois un an en Chine. Je travaille avec une équipe d’une trentaine de personnes en Chine et en Inde, mes collègues d’HP Asie-Pacifique et les services de recherche et développement.

En quoi travailler avec l’Asie est différent du travail avec les opérateurs européens ?

Il y a une très grandes diversité technologique avec les pays les plus avancés dans ce domaine (le Japon, la Corée du Sud), mais aussi des pays en voie de développement comme le Bengladesh, où il faut mettre en place toute l’infrastructure mobile, immediatement en plus de l’infrastructure standard.

D’autre part, certains pays (la Chine ou l’Inde) sont si vastes que le moindre déploiement est gigantesque par rapport à la France. La manière de travailler est également très différente d’un pays à l’autre. C’est un bouillon de culture très intéressant à suivre mais qui demande beaucoup d’adaptation. Par rapport aux Européens, les modes de communications sont beaucoup moins directs. Les Asiatiques hésitent à dire « Non », et les signaux non-verbaux sont plus faibles. Cela demande beaucoup d’écoute et de compréhension, mais ils sont aussi beaucoup plus réactifs une fois que le message est passé.

Le fait d’être une femme est-il un avantage ou une gêne face à vos interlocuteurs ?

Cela dépend beaucoup des pays. En Chine, ce n’est pas un problème depuis que l’époque Mao a imposé la stricte égalité homme/femme. En Inde, la situation est très diversifiée. Si c’est une entreprise traditionnelle, être une femme rendra les choses plus difficiles, sinon dans une joint-venture, le problème ne se pose pas. Le Japon est l’un des pays les plus misogynes, mais là-bas, le fait d’être une femme occidentale facilite la discussion, car ils savent qu’en Europe, la société est plus égalitaire dans ses rapports homme/femme. Dans mon équipe, il y a quelques femmes, principalement en Chine. Là-bas, la proportion de femmes travaillant dans les TIC est au moins équivalente à celle de la France, soit 20 % des travailleurs du secteur ce qui est peu.

En étant basée à Grenoble, le travail quotidien ne doit pas être simple ?

Tous mes matins sont bloqués par des conférences téléphoniques ou des vidéoconférence avec l’Asie. J’y ai vécu deux ans, et je me déplace une fois par trimestre en Asie en y restant au minimum deux semaines à chaque fois. Pour démarrer un nouveau projet, rien ne remplace le face à face. Une fois qu’il est lancé, on peut le gérer à distance. L’avantage est que nous parlons tous anglais, mais avec chacun nos accents. Et pour bien peu d’entre nous en ayant l’anglais comme langue maternelle. Il ne faut donc pas hésiter à réexpliquer et répéter jusqu’à ce que tout le monde comprenne.

Lors de mes voyages en Chine, toute la famille a suivi, HP nous a bien facilité le déplacement. Mon mari travaille également chez HP et la première fois, il a travaillé sur place et a pris un congé sabbatique pour la deuxième année. HP pratique la « discrimination positive » à l’égard des femmes, pour chaque poste à pourvoir, il doit y avoir systématique une femme dans la sélection finale. Et ils n’hésitent pas à généraliser le temps partiels, notamment le « job-sharing » où deux personnes se partagent un même poste (l’une le lundi et le mardi, l’autre le jeudi et le vendredi avec le mercredi comme jour commun par exemple). Cette pratique est ouverte à tous – homme ou femme- mais à ma connaissance, seule des femmes ont demandé à en profiter.



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