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Lucie Robin et sa caméra


Des vidéos éducatives et amusantes sur le net
Publié le 18/02/2010, par Isabelle Boucq
   
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Jeune vidéaste soucieuse de l’environnement, Lucie Robin trouve un débouché pour ses vidéos éducatives et amusantes sur le net. Elle nous raconte son parcours et ses aspirations.


Dans un épisode de sa série Un Pas de Côté, Lucie Robin explique le fonctionnement des coupes menstruelles, une alternative aux tampons et serviettes hygiéniques qui épargne la planète et le porte-monnaie. Avouez que l’exercice semble périlleux. Mais avec ses gros plans, sa voix douce et ses commentaires amusants, Lucie retient notre attention. Les autres épisodes, sur des sujets plus courants comme le tri des déchets ou les piles rechargeables, sont à l’avenant. Frais, originaux, drôles.

La nécessité est la mère de l’invention. Le ton si particulier des vidéos découle des conditions de production. « Je n’ai pas de cadreur et je ne veux pas de décor. Je filme toute seule chez moi. Comme il faut que je fasse autre chose avec mes mains, cela donne des cadres rapprochés », raconte Lucie Robin qui est Lyonnaise de naissance et Grenobloise d’adoption. On ne la voit jamais à l’écran, à part un bout d’épaule ou un doigt de pied. Pareil pour le décor dont on aperçoit au plus un lavabo ou une couette sur un lit. Mais les vidéos parviennent à créer un effet très intime. « Pour le ton, c’est le mien. Je n’ai pas créé de personnages. Comme je fais un peu la morale aux gens, il faut que j’adoucisse avec l’humour. »

Comment cette vidéaste de 26 ans s’est-elle retrouvée sur le site VODemotion qui met en ligne des vidéos de conseils et d’astuces ? « Ma première série On Joue Pas Avec la Nourriture et Un Pas de Côté étaient diffusés sur TéléGrenoble où j’ai travaillé comme post-productrice. Un téléspectateur m’a envoyé un message pour suggérer que je contacte VODemotion », raconte la jeune femme.


La vitrine de VODemotion




Le courant est tellement bien passé que le site lui commande plusieurs nouveaux épisodes pour étoffer son offre écolo. Lucie est prudente devant ce succès. « Je pense qu’il faut être sur Internet. En même temps, il y a des choses qui me dérangent comme la publicité. L’agression visuelle empire. » Avant d’accéder aux vidéos, les internautes doivent effectivement regarder une courte publicité, principale source de revenus pour le site.

VODemotion rémunère les auteurs des vidéos à raison d’un euro pour 1 000 visualisations jusqu’à 50 000 visualisations et de trois euros pour 1 000 visualisations au-delà de 100 000 visualisations. « Cela me paie un restau par mois », relativise Lucie qui tourne ses vidéos entre d’autres jobs pour une compagnie de spectacle et plus récemment la formation de jeunes lycéens à la vidéo. Une piste qu’elle a d’ailleurs trouvée grâce à VODemotion où un professeur de lycée a aimé son travail.

Après un bac littéraire option Arts Plastiques, Lucie se rend compte que les écoles des Beaux-Arts ne sont pas pour elle. Elle choisit un BTS audiovisuel, option montage, qu’elle obtient à l’ARFIS à Lyon. Officiellement Technicien Supérieur Cinéma et Technologies Numériques, elle se lance pendant un temps dans le film d’entreprise. « Il y avait pas mal de travail et c’était assez bien payé. Mais j’ai arrêté en 2009 parce que j’étais malheureuse. Je voulais plus de créativité et de sens », explique la jeune vidéaste.


Une exigence créative




Son véritable amour, c’est le documentaire. « J’ai eu la révélation pendant un cours à l’école. Pour les monteurs, le documentaire est intéressant parce que ça se fabrique beaucoup au montage », raconte-t-elle. Cette année, c’est juré, elle va mettre quelques idées noir sur blanc et essayer de poursuivre son rêve.

Bien de son temps, Lucie Robin a développé un site pour montrer son travail. Elle a choisi le graphisme et les couleurs, son amoureux est le technicien et son fournisseur d’accès, Free, héberge le résultat. « Dans l’audiovisuel, on a besoin de voir ce que font les gens. Quand je rencontre quelqu’un, je leur donne mon site. »

Côté matériel, Lucie travaille avec une caméra semi-pro et fait ses montages sur un ordinateur portable. Elle est formée sur des logiciels de montage professionnels tels qu’Avid. Mais en ce moment, elle se forme sur le logiciel libre Cinelerra. « Le logiciel libre, c’est un vrai sujet ! », s’exclame-t-elle, toute à la recherche d’une certaine exigence intellectuelle. D’ailleurs l’engouement pour les sujets environnementaux l’effraie un peu. « C’est une préoccupation majeure de pleins de gens, mais c’est aussi une mode. J’ai peur que les gens fassent une overdose et qu’ils y réfléchissent moins. »

C’est comme la vidéo en ligne. « Beaucoup de choses défilent sous nos yeux, mais on ne sait pas lire les images », affirme-t-elle en refusant de se prononcer sur la qualité des vidéos que l’on trouve en ligne. « Quand j’ai passé toute la journée devant l’ordinateur à faire du montage, je n’ai pas envie de regarder des vidéos sur Internet. Je vais au cinéma. »





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